Better Read ArnO
Par Arnaud Touati
Bonjour à tous,
Quinze jours d'actualité dense, où le bon récit a souvent battu le bon raisonnement.
Une étude Oxfam sur les patrons, une taxe Zucman pour les milliardaires, un récit d'indignation contre la Commission européenne…
Et derrière, quatre dossiers techniques qui méritent un guide à part : AMF et club deals, IA dans le recrutement, choix de structure juridique, crypto institutionnelle.
Faisons le point ensemble ↓

LE DEBUNK
On passe en revue les citations chocs de la semaine.
Les patrons gagnent 3 fois plus vite, vraiment ?
Les patrons gagnent 3 fois plus vite que les salariés en 2025.
L'addition est exacte.
Pourtant, la démonstration s'écroule.
Côté dirigeant, l'étude (Oxfam et Confédération syndicale internationale, 1er mai 2026) agrège cinq sources de revenu : salaire fixe, part variable, stock-options, actions de performance, dividendes.
Côté salarié, une seule ligne : le brut mensuel.
On compare, on s'indigne.
Mais comparaison n'est pas raison.
L'échantillon ensuite. 26 sociétés sur 40, soit 65 % d'un panel volontaire, transformés en vérité nationale.
Et le comparatif. Une moyenne salariale mondiale, intégrant deux des villes les plus pauvres du monde (Dacca, Lagos), opposée à 26 mastodontes parisiens.
La « hausse » ?
Pour l'essentiel, du capital qui s'apprécie.
Une bourse à ses plus hauts en 2024 et 2025, des actions déjà détenues qui se réévaluent, des dividendes encaissés au passage.
Or les dividendes intégrés au calcul ne relèvent pas du contrat de travail. Ils rémunèrent un capital détenu, exposé au risque, fiscalisé au prélèvement forfaitaire unique.
Confondre dividende et bulletin de paie, c'est confondre un loyer et une heure travaillée.
Bref, la complexité d’un débat ne se partage pas en trois secondes. Elle s'éprouve.
La holding qui « contourne » l'impôt
Les milliardaires paieraient deux fois moins que le Français moyen.
Pour démontrer cette thèse, Zucman et l'IPP construisent un « revenu économique » ad hoc, qui agrège revenus perçus et bénéfices non distribués des sociétés.
En clair, on calcule sur le papier de l'argent qui dort dans une holding et que l'actionnaire n'a jamais touché.
L'article 12 du code général des impôts, qui régit l'impôt sur le revenu, dit pourtant l'inverse depuis toujours : « L'impôt est dû chaque année à raison des bénéfices ou revenus que le contribuable réalise ou dont il dispose au cours de la même année ».
La taxe Zucman veut ensuite imposer ces revenus fictifs, en obligeant le contribuable à sortir du cash réel pour payer un impôt sur une valorisation théorique.
On ne taxe plus une faculté contributive.
On taxe une espérance comptable.
Ce faisant, on oublie que la réalité fiscale est implacable.
Les bénéfices d'une société sont d'abord taxés à l'impôt sur les sociétés. Puis, s'ils sont distribués, ils sont à nouveau taxés à l'impôt sur le revenu.
Avant ça, l'actionnaire n'a rien.
Et sur les holdings à l'étranger : sans substance réelle (salariés, bureaux, activité), elles sont requalifiées.
Si l'actionnaire vit en France, il est imposé en France sur ses revenus mondiaux.
Donc utiliser une holding pour organiser et optimiser sa fiscalité est classique, légal, normal.
Confondre optimisation et fraude est une caricature grossière.
« Surveillance de masse » de la Commission européenne
La Commission va livrer vos recherches Google à des tiers. Santé, sexualité, opinions, finances.
C’est de la surveillance de masse.
Mensonger. Faux. Manipulatoire.
Le récit qui inonde les réseaux sociaux depuis 48 heures sur la prétendue surveillance de masse orchestrée par la Commission européenne coche les trois cases.
Après lecture attentive de la consultation, je peux vous l’affirmer : tout est faux.
Les données ne vont pas à des tiers. Elles vont à un cercle restreint de moteurs concurrents établis dans l'Espace économique européen.
Chacun est vérifié, audité chaque année aux normes ISAE 3000. Tout acteur sous sanctions européennes ou désigné menace pour la sécurité est exclu d'office.
Vos requêtes intimes ne circuleront pas. Suppression des identifiants directs, du timestamp précis.
Localisation remplacée par une zone d'au moins 1 000 utilisateurs et 3 km². Allowlist excluant toute entité figurant dans des requêtes de moins de 50 utilisateurs sur 13 mois.
Donc le règlement général sur la protection des données n'est pas piétiné.
Le principe est constant : considérant 26 du RGPD, avis G29 05/2014 sur les techniques d'anonymisation, et lignes directrices EDPB 01/2025 sur la pseudonymisation convergent sur ce point.
Quand l'anonymisation est effective, on sort du champ du RGPD.
Pas de donnée personnelle, pas de consentement requis.
Reste la question : à qui profite le récit ?
La réponse la plus évidente est sans doute à Google. Le 16 avril 2026, Clare Kelly, senior competition counsel d'Alphabet a tenu publiquement un discours rigoureusement identique.
Le Digital Markets Act est l'unique levier dont dispose l'Union pour briser un monopole de plus de 90 % sur la recherche.
Avec ce partage, Qwant, Ecosia, DuckDuckGo ou encore Brave Search disposent enfin d'une chance structurelle de tenter d'exister.
Malgré tout, de vraies questions demeurent.
L'anonymisation à 50 utilisateurs résiste-t-elle aux attaques sophistiquées ? Qui contrôle un auditeur payé par celui qu'il audite ?
Mais quand l'idiot regarde le doigt, le sage regarde la lune.
LES NEWS
L’essentiel de l’actualité juridique.
La confusion Total
Patrick Pouyanné ne fixe pas le prix du Brent. Total vend, Total encaisse au prix du marché. C'est ça, l'économie. Pas un complot. Juste de la mécanique.
Total fait des profits donc Total est un "profiteur de guerre". CQFD. La logique café du commerce.
Concrètement, TotalEnergies plafonne ses carburants à 1,99 €/L pour les 714 000 clients Électricité & Gaz inscrits à l'avantage carburant, dans ses 3 300 stations du réseau métropolitain, toute l'année 2026 (communiqués TotalEnergies).
Aucun autre acteur ne le fait avec cette ampleur.
Elle acquitte des milliards d'impôt sur les sociétés chaque année dans les caisses du Trésor français. C'est notre budget, nos hôpitaux, nos écoles.
Le débat sur la fiscalité des grands groupes est légitime.
Mais pas en ressortant le mot "superprofit" à chaque résultat trimestriel comme un tic pavlovien.
Une politique fiscale se construit avec une logique tenue dans le temps, pas à coups de communiqués indignés.
Allons au bout du raisonnement : si on taxe davantage quand l'entreprise gagne plus, on la rembourse quand elle perd ?
Le silence qui suit dit tout du sérieux du débat.
Aux États-Unis, on est fier d'ExxonMobil. En Arabie Saoudite, d'Aramco. En Norvège, d'Equinor. En France, on attaque Total.
Présomption d'innocence & Michael Jackson
Un mot suffit à inverser la charge de la preuve. Un mot suffit à transformer un acquitté en coupable.
Le 23 avril 2026, un chroniqueur de Quotidien affirme que le biopic de Michael Jackson n'évoque pas « les horreurs commises par le chanteur puisqu'on le sait, aujourd'hui, c'est prouvé ».
Pourtant : le 13 juin 2005, un jury californien a déclaré Michael Jackson non coupable. En 2009, le FBI a déclassifié ses archives. Aucune preuve crédible.
Un nouvelle preuve que le tribunal médiatique ne respecte rien.
Pas de débat contradictoire, pas d'administration de la preuve, pas de droits de la défense, pas d'appel.
Rappel essentiel : la présomption d'innocence n'est pas un confort pour les accusés.
Elle est l'un des piliers de l'État de droit.
Les victimes doivent être écoutées, crues, soutenues, protégées.
Le combat contre l'impunité est vital.
Mais il ne se mène pas en abolissant la présomption d'innocence.
Boulanger verbalisé le 1er mai et coup de fil de Matignon
Sébastien Lecornu n'a aucune compétence juridique pour annuler cette amende. L'opportunité des poursuites relève exclusivement du procureur de la République.
Éric, boulanger, verbalisé le matin du 1er mai : « Les inspecteurs sont passés à 8h15. Je leur ai dit que mes salariés étaient là sur la base du volontariat, qu'ils avaient signé une décharge. Ils m'ont dit que ce n'était pas valable ! »
Le 1er mai est jour férié et chômé d'ordre public absolu. Une décharge par laquelle un salarié renoncerait par avance à un droit d'ordre public ne vaut strictement rien.
L'inspecteur qui dresse un procès-verbal à 8h15 ne fait pas du zèle. Il fait son métier.
Trois heures plus tard, le Premier ministre décroche son téléphone et promet au boulanger qu'il n'aura aucune sanction.
En d’autres termes, il promet ce qu'il n'a constitutionnellement pas le pouvoir de garantir.
Plus accablant encore : Matignon avait diffusé un communiqué priant l'inspection du travail de faire preuve de « tolérance », retiré sous la pression syndicale.
Traduit en français : on demande à des fonctionnaires d'État de ne pas appliquer la loi en vigueur.
Le ministre du Travail a dû défendre publiquement l'indépendance de ses propres agents contre son propre Premier ministre.
Le Parlement n'a pas voté la réforme. Le projet de loi est annoncé pour 2027.
Nous vivons vraiment dans une dimension parallèle.
Une dimension où des employeurs et des employés volontaires ne peuvent pas travailler quand ils le souhaitent sans avoir à demander la permission.
Une dimension où la loi devient à géométrie variable selon que l'on dispose ou non du numéro direct du Premier Ministre.
Une dimension où des fonctionnaires qui appliquent le droit se font désavouer par leur hiérarchie politique.
Une dimension où il suffit qu'un dossier devienne médiatique pour que le sommet de l'État réécrive le droit par téléphone.
Recherche française : le constat d'Antoine Petit
Un pays sans recherche, à l'ère de l'IA, n'est pas en retard. Il est en mort cérébrale.
Huit ans à la tête du CNRS, et un constat sans appel au moment de partir.
La France investit 2,2 % de son PIB en recherche. Le même niveau qu'il y a 30 ans, contre 2,7 % de moyenne OCDE. La Chine est passée de 0,6 à 2,2 %. L'Allemagne dépasse 3 % et vise 3,5 %.
Le CNRS vote un budget 2026 en déficit de 239 millions d'euros. 500 millions de charges non compensées par l'État depuis octobre 2024. En 2027, la trésorerie sera à zéro.
Côté financement privé, 7,4 milliards levés par la French Tech en 2025 (Maddyness). Plus de 285 milliards de dollars de financement privé IA aux États-Unis sur la même période.
Environ 75 % du venture capital mondial dédié à l'IA capté par les acteurs américains (Stanford AI Index 2025).
Reste un seul atout différenciant : notre matière grise. Selon plusieurs estimations sectorielles, la France compterait davantage de talents IA par habitant que les États-Unis, plusieurs fois plus que la Chine.
Sauf que c'est précisément cet atout que nous sommes en train de saborder.
Un post-doc à 2 000 euros en contrat à durée déterminée de 18 mois, quand NYU finance 4 ans à un niveau trois fois supérieur.
15 000 jeunes diplômés des écoles d'ingénieurs et de management partent chaque année (baromètre Fédération Syntec / Ipsos BVA 2025). Un milliard d'euros évaporé.
Charles III, Trump et la souveraineté linguistique
À la Maison Blanche, Charles III a remis Trump à sa place avec une seule phrase : « Dare I say that, if it wasn't for us, you'd be speaking French. »
Une réponse au président Donald Trump qui avait dit aux Européens qu'ils « parleraient allemand et un peu japonais » sans les Américains.
La phrase est juste.
La langue n'est jamais un détail, c'est toujours un rapport de force. Celui qui parle décide. Celui qui traduit subit.
Aujourd'hui, la langue qui rentre dans vos vies tous les jours, ce n'est plus celle des films.
C'est celle de ChatGPT, Gemini, Claude. Des modèles entraînés à 90 % sur des textes américains.
Vous croyez utiliser ChatGPT. C'est ChatGPT qui vous utilise.
Vos contrats sont pensés à San Francisco et habillés en français à Paris. Vos managers rédigent en anglais sans le savoir.
Ce n'est pas un débat technique. C'est une question de souveraineté.
TikTok, mineures et le bon fondement DSA
L'ARCOM n'a juridiquement aucun pouvoir sur TikTok. L'établissement principal est en Irlande.
Le Digital Services Act confie la régulation des très grandes plateformes à la Commission européenne.
Une enquête publiée par Franceinfo le 9 avril 2026 a recensé plus de 350 annonces proxénètes ciblant des adolescentes, sur une seule plateforme.
Le 13 avril 2026, la haute-commissaire à l'Enfance saisit l'ARCOM et la Commission européenne. Les médias relaient.
Et ensuite ? À peu près rien.
L'ARCOM, désignée coordinateur national, agit ici comme relais d'alerte. Elle peut écrire à Dublin. Elle peut écrire à Bruxelles. Elle ne peut rien imposer.
Et le bon fondement juridique n'est pas celui mobilisé.
La saisine vise les articles 34 et 35 DSA (risques systémiques), un choix défendable face à une très grande plateforme comme TikTok. L'angle plus opérant aurait toutefois été la combinaison des articles 28 (protection des mineurs sur toute plateforme accessible aux mineurs) et 35.
Sauf qu’un algorithme qui pousse vers des mineures des comptes à finalité proxénète n'est pas un accident.
C'est un effet de design.
Le proxénétisme est puni aux articles 225-5 et suivants du code pénal.
Le juge pénal français reste compétent. Mais l'architecture qui rend ces infractions possibles à grande échelle, cela se règle désormais à Bruxelles et à Dublin.
Elon Musk, le DOJ et la souveraineté pénale européenne
Le Premier Amendement n'a aucune portée hors du sol américain.
L'article 113-2 du code pénal tranche depuis l'entrée en vigueur du nouveau code pénal en 1994 : la loi française s'applique à toute infraction commise sur le territoire de la République.
Le sujet ? Une enquête ouverte en janvier 2025 sur signalement du député Éric Bothorel, pour manipulation algorithmique sur X.
Élargie en novembre 2025 aux contenus négationnistes amplifiés par Grok.
Élargie à nouveau en janvier 2026 aux deepfakes sexuels générés par Grok, dont 2 % visent des mineurs selon une analyse de 20 000 images publiée par l'ONG AI Forensics en janvier 2026.
Perquisition au siège parisien de X en février 2026.
Convocations remises pour le 20 avril.
Le 17 avril, le département de la Justice américain écrit au ministère français de la Justice. Deux pages. Refus net de toute entraide.
Motif officiel : le Premier Amendement.
Mais pendant ce temps, l'enquête prospère sans Washington.
Pièces saisies en France. Salariés français auditionnés en France. Coopération active avec les parquets européens.
Le DSA, le RGPD et le code pénal ne dépendent d'aucun mécanisme d'entraide judiciaire bilatéral.
Un mandat d'arrêt européen reste juridiquement envisageable dès que Musk pose un pied dans l'Union (précédent Pavel Durov, à l'été 2024.)
Qualifier de « politisée » une enquête portant notamment sur des soupçons d'images pédopornographiques générées par IA, ce n'est pas une position juridique.
C'est un choix moral.
LES GUIDES
Chaque semaine, retrouvez nos derniers guides stratégiques.
Guide 1 — Club deal : ce que la décision AMF du 9 septembre 2025 (SAN-2025-08, Eternam) change vraiment

Beaucoup l'ont annoncée comme la fin du modèle. C'est l'inverse qui s'est passé.
Après 12 années depuis la transposition de la directive AIFM en droit français (ordonnance du 25 juillet 2013), le régulateur a enfin dit, dans des termes très opérationnels, ce qu'il attendait des investisseurs pour échapper à la qualification de fonds d'investissement alternatif (FIA).
Trois exigences, et trois seulement.
Un droit direct, exercé en personne par chaque investisseur. Le comité d'investissement décisionnel, composé d'une poignée d'associés agissant pour le compte de tous les autres, est devenu un facteur quasi automatique de requalification.
Un droit opposable, inscrit dans les statuts ou dans le pacte. Les sondages par messagerie, les fils WhatsApp et les mails circulaires ne valent rien. La preuve compte autant que la stipulation.
Un droit qui colle à l'actif. Pas la simple répétition des pouvoirs de droit commun de l'assemblée des associés. Le choix du property manager, l'approbation du business plan annuel, le programme de travaux, la politique de bail, le calendrier de cession.
Les seuils financiers uniques, calibrés pour ne jamais se déclencher, ne tiennent plus une seconde devant un contrôleur.
Ce qui change pour les structurateurs n'est donc pas la disparition du modèle. C'est le déplacement du centre de gravité du débat, des clauses d'apparence vers la réalité opérationnelle de la décision.
Pour aller plus loin, deux références à connaître : la position AMF n° 2013-16 du 13 octobre 2013 (« Notions essentielles contenues dans la directive sur les gestionnaires de fonds d'investissement alternatifs ») qui fixe la grille de qualification, et la décision SAN-2025-06 du 9 juillet 2025 (Cougar Invest et MND) : sanction de 300 000 € et interdiction définitive d'exercer comme conseiller en investissement financier (CIF) pour Cougar Invest. Ces textes confirment la cohérence de la jurisprudence AMF sur la requalification.
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Quel est aujourd'hui votre rapport aux club deals ?
Guide 2 — IA dans le recrutement : la quasi-totalité des employeurs sont en infraction

Votre logiciel de recrutement (ATS) active une fonctionnalité de scoring algorithmique la semaine prochaine. À l'instant où la première candidature est traitée, votre entreprise devient déployeur d'un système d'IA à haut risque au sens du règlement européen sur l'IA.
Personne ne vous a fait signer. Personne ne vous l'a notifié. Le risque est dans votre bilan.
Premier malentendu, massif. Non, l'article 22 du RGPD n'autorise pas la décision exclusivement automatisée par défaut. Il pose une interdiction de principe, avec trois exceptions, et dans les trois cas une garantie obligatoire d'intervention humaine.
Une vraie intervention. Pas un clic de validation par un recruteur formé à cocher.
Trois textes s'appliquent simultanément. Chacun ouvre sa propre voie d'amende.
Le RGPD, jusqu'à 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires mondial. Le règlement IA, dont les obligations « haut risque emploi » entrent en vigueur le 2 août 2026, jusqu'à 15 millions ou 3 %. À surveiller : des discussions de report via le projet « Digital Omnibus » pourraient repousser certaines de ces obligations à décembre 2027.
Le droit du travail enfin. Information et consultation du comité social et économique préalables à l'introduction d'une nouvelle technologie modifiant les conditions de travail des recruteurs. Articles L. 2312-8, II et L. 2312-24 du code du travail. Délit d'entrave en cas d'omission.
Là où je vois s'effondrer la majorité des projets, ce n'est pas le RGPD. C'est le CSE.
L'IA générative aggrave la situation. À compter du 2 août 2026, l'article 50 du règlement IA imposera d'informer les candidats lorsqu'une communication leur est adressée via un système capable de produire du contenu.
L'algorithme trie les candidats. La loi juge l'employeur.
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Où en êtes-vous avec l'IA dans le recrutement ?
Guide 3 — Crypto institutionnelle : la plomberie financière se réécrit

La crypto retail dort. La crypto institutionnelle réécrit la plomberie financière.
Trois chiffres pour planter le décor :
Kinexys, la plateforme blockchain de JP Morgan, traite plus de 5 milliards de dollars de transactions par jour selon les chiffres communiqués par JP Morgan en janvier 2026 et a déployé en novembre 2025 son jeton de dépôt JPMD sur la blockchain publique Base de Coinbase.
L'ETF Bitcoin spot iShares de BlackRock a franchi 100 milliards de dollars d'encours en moins de 21 mois.
Plus de 300 milliards de dollars circulent en jetons stables (stablecoins) début 2026 (source DefiLlama, RWA.xyz), courbe en hausse continue.
Le vrai sujet, ce sont les jetons stables. Tether figure parmi les premiers détenteurs nets de bons du Trésor américain, devant des États souverains.
Émettre un jeton stable est devenu une stratégie de financement de la dette publique. Les États-Unis l'ont compris.
Le cadre juridique structure tout. En Europe, un jeton stable libellé en monnaie officielle est qualifié de jeton de monnaie électronique au sens de MiCA : agrément d'établissement de crédit ou d'établissement de monnaie électronique, réserve ségréguée, livre blanc notifié, remboursement à valeur nominale, interdiction de rémunération des porteurs.
Les jetons significatifs basculent sous supervision directe de l'Autorité bancaire européenne. Les EMT non libellés en monnaie d'un État membre sont plafonnés à 1 million de transactions par jour ou 200 millions d'euros.
Aux États-Unis, le GENIUS Act trace une voie inverse. Réserve intégrale 1 pour 1 en cash et bons du Trésor courts, supervision au seuil de 10 milliards de dollars d'encours.
Trois fronts à surveiller : régime pilote DLT (dérogations à MiFID II), articulation MiCA/DSP2/DSP3 sur les paiements adossés à jetons stables, et l'euro numérique (phase préparatoire BCE en cours).
Répondez à ce sondage pour accéder au guide :
Quel est votre angle sur la crypto institutionnelle ?
SAS, SARL, micro-entrepreneur : choisir sa structure (replay du Live)

Beaucoup d'entrepreneurs choisissent leur structure juridique comme ils choisissent une voiture. Au feeling. Sans regarder sous le capot.
Ça passe. Jusqu'au jour où ça casse.
J'accompagne des créateurs d'entreprise depuis plus de 10 ans. Une question revient toujours, dès les premières minutes : « Je me mets en quoi. »
Ce n'est pas une question de mode. Ce n'est pas ce que fait le voisin. C'est une question de projet, de fiscalité, de responsabilité et parfois de vision à 3 ans.
Un micro-entrepreneur qui pensait rester sous plafond et qui explose en 8 mois. Une SAS créée par réflexe alors qu'une SARL aurait suffi.
Une SARL qui devient un boulet fiscal au moment de céder. Une holding montée trop tôt. Ou trop tard.
Un associé intégré sans penser aux conséquences sur la gouvernance. Une clause de sortie absente au pire moment.
J'ai animé un LinkedIn Live de 45 minutes sur le sujet le 1er mai. Sans filtre, sans théorie. Le replay est accessible ici.
Pourquoi nous écouter ?
Hashtag Avocats accompagne plus de 300 entreprises dans la sécurisation et l'optimisation de leurs opérations : nouvelles technologies, fintech, blockchain, IA, fiscalité, structuration et contentieux. Nous nous tenons à la croisée de ces sujets parce que c'est là que les vrais arbitrages se jouent.
À retenir
Étude Oxfam et taxe Zucman : on additionne des poires et des pommes pour ne pas mener le vrai débat (fiscalité travail/capital, financiarisation des packages, concentration mondiale).
AMF et club deal : le modèle n'est pas mort. Il devient plus exigeant à structurer, beaucoup plus solide à défendre. Trois exigences (droit direct, opposable, qui colle à l'actif).
IA et recrutement : RGPD, règlement IA et consultation CSE s'appliquent en même temps. Le premier projet qui tombe, c'est toujours celui qui a oublié le CSE.
Crypto institutionnelle : les jetons stables redessinent le financement souverain. L'Europe régule, les États-Unis monétisent leur dette. Le clivage est là.
Vous voulez un point rapide sur vos risques et vos leviers d’action ?
Je prends une quinzaine de minutes pour identifier vos points d’exposition. Ce premier échange est offert et sans engagement : réserver un créneau.
À très vite,
Arnaud


