Better Read ArnO

Bonjour à tous,

De grandes annonces à Davos et des signaux de fracture sur le terrain.

D’un côté, l’Europe promet de simplifier la vie des start-ups.

De l’autre, on continue d’écraser le travail par des prélèvements massifs, au point que le sujet n’est même plus politique : il devient culturel.

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LE DEBUNK

On passe en revue les citations chocs de la semaine.

J’ai préféré acheter des vêtements

Chaque maire d'arrondissement parisien dispose d'une enveloppe mensuelle de 990€ pour ses frais de représentation.

Moi, j’ai préféré acheter des vêtements pour être bien habillée.

Sur le plan juridique, il n’y a peut-être rien à dire : une enveloppe de représentation, des règles, un cadre, et une dépense permise.

Mais sur le plan symbolique, c’est exactement le type de signaux qui détruit la confiance.

Mes clients, entrepreneurs, dirigeants, investisseurs, vivent dans un monde où chaque euro est suspect.

L’optimisation fiscale devient soupçon, l’investissement demande une justification, la marge est une culpabilité.

Et en face, l’argent public devient un confort statutaire, déconnecté de la retenue qu’on exige de l’économie réelle.

On sanctuarise des dépenses symboliques, pendant qu’on cible ceux qui financent l’innovation et l’investissement.

Si le message devient : “ceux qui paient se taisent, ceux qui décident se servent”, alors il ne faut pas s’étonner si la rupture s’accélère.

“Donnez-moi des noms”

Pouvez-vous m’indiquer des noms de clients avec qui vous travaillez ?

C’est une demande fréquente.

Et je comprends parfaitement l’intention : se rassurer, vérifier la crédibilité, éviter le mauvais choix.

Mais chez un avocat, répondre à cette demande est souvent un contre-signal.
Parce que le cœur de mon métier, c’est le secret professionnel absolu.

Il permet au client de confier ses craintes, ses zones grises, ses erreurs, ses risques.

Un avocat qui donne des références vous dit implicitement : “je parlerai aussi de vous un jour”.

D'ailleurs, certains autoproclamés "classements" exigent même de dévoiler la liste de ses clients pour y figurer en bonne place, outre le petit sponsorship qui va bien...

À chacun d'apprécier.

Surtout que même quand c’est juridiquement possible, donner “des gros noms” sans contexte n’a aucune valeur.

Une intervention d’une heure en 2012 n’est pas un accompagnement stratégique aujourd’hui.

Bref, je préfère perdre un client que de fragiliser ce qui fait la valeur de mon serment : la confidentialité.

La fin de l’optimisation ?

Pour lutter contre l’optimisation fiscale des plus riches, nous proposons de copier l’enfer fiscal américain.

La question des ultra-riches, de la justice fiscale, du consentement à l’impôt mérite un débat sérieux.

Mais quand le programme devient : “infligeons un enfer”, on quitte la rigueur pour entrer dans l‘effet d’annonce. La politique au service de la communication.

Pourtant, la réalité est bien différente.
Quelques rappels :

  • Les bénéfices sont d’abord taxés à l’IS.

  • Puis, s’ils sont distribués, ils sont à nouveau taxés à l’IR.

  • Avant distribution, l’actionnaire d’une holding n’a rien. Pas un euro.

Et tout ça, sans compter sur deux réalités juridiques qu’on oublie trop souvent : une holding n’est pas une carte bleue personnelle.

Les dépenses somptuaires ou étrangères à l’intérêt social peuvent faire l’objet de poursuites pour abus de droit et acte anormal de gestion.

En plus, une holding à l’étranger ne suffit pas à échapper à l'impôt.
Sans substance réelle (salariés, bureaux, activité), elles sont requalifiées.

Et si l’actionnaire vit en France, il est imposé en France sur ses revenus mondiaux.
Les dividendes finiront taxés ici, pas ailleurs.

Donc organiser sa fiscalité via une holding est classique, légal, normal.

Confondre optimisation et fraude, ou faire croire qu’une holding équivaut à “zéro impôt” est une caricature qui abîme le débat.

Et un argument de plus pour tous ceux, de plus en plus nombreux, qui voient leur avenir fiscal ailleurs.

LES NEWS

L’essentiel de l’actualité juridique.

l’Europe tue ses start-ups

Sur le papier, c’est exactement ce qu’il fallait faire depuis dix ans.

Ursula von der Leyen annonce EU-INC.
Un statut unique, une seule société européenne créée une fois, valable partout.

Parce qu’aujourd’hui, une start-up européenne doit naviguer entre 27 droits des sociétés, 27 logiques administratives, 27 frictions différentes.

Mais l’EU-INC est reconnue dans toute l’Union européenne, avec les mêmes règles, les mêmes droits, les mêmes obligations.

Fini les montages juridiques.
Fini le “on commence en France puis on verra”.

Sauf qu’il n’y a qu’un critère de succès pour cette démarche : est-ce vraiment un statut unique ?

Si EU-INC simplifie réellement, c’est un tournant.
Si c’est une couche européenne en plus, c’est un échec.

Notre vrai talon d'Achille

Le problème n’est pas le modèle social. C’est le sentiment d’écrasement.

En France, les cotisations s’élèvent entre 25% et 42% côté patronal, 22% et 25% côté salarial.

Certes, notre protection sociale est plus robuste que beaucoup d’autres pays.

Mais les conséquences sont là.
La France pénalise à la fois les salariés et les entreprises qui veulent croître sans s’exiler.

Réussir davantage ne permet pas de vivre mieux, mais de contribuer plus.

Sauf qu’on ne construit pas une économie dynamique en transformant le travail et la création de valeur en variable d’ajustement d’un modèle qui refuse de réduire sa dette.

10 ans plus tôt…

Si je devais donner un seul conseil à mon moi d’il y a 10 ans, ce serait lequel ?

Pour le résumer en une phrase : ne construisez pas votre carrière comme si vous étiez remplaçable.

Entourez-vous bien. Soyez pessimiste à court terme, optimiste à long terme. Construisez votre monopole personnel. Utilisez l’IA comme si votre survie en dépendait.

(Et rase-toi. Sinon tu finiras en Gandalf le Gris.)

Bref, le monde devient plus dur, plus rapide, plus concurrentiel.
Ceux qui gagnent sont ceux qui structurent, documentent, anticipent.

LES GUIDES

Chaque semaine, retrouvez nos derniers guides stratégiques.

DAC8 : le guide pour éviter le crash opérationnel

DAC8 n’est pas une obligation de plus.
C’est une remise à plat de votre modèle.

Un reporting transactionnel détaillé pensé pour les crypto-actifs, avec un niveau d’intrusion inédit.

Même MiCA ne vous protège pas. Les qualifications fiscales suivent une logique autonome (OCDE) et restent largement décorrélées de votre statut régulé.

Pire : la sanction est d’abord opérationnelle.

Des informations manquantes peuvent se traduire par un blocage des transactions.
Pas “un rappel à l’ordre”. Un gel.

Entre DAC2, CRS, CARF et DAC8, le risque de double/triple reporting devient réel, et certains acteurs “hors MiCA” (ex : NFT) entrent pleinement dans le périmètre DAC8.

Pour anticiper, j’ai rédigé un guide pratique.

Répondez à ce sondage pour y accéder :

IA dans le recrutement : le guide ultime de conformité

Fini le temps où l'on pouvait déployer n'importe quel algorithme de tri de CV sans se poser de questions.

Fini l'époque où les chatbots de préqualification fonctionnaient dans un vide juridique total.

En août 2026, l’AI Act arrive à maturité sur le recrutement :

  • Votre ATS qui trie automatiquement les candidatures ? Système à haut risque. Obligations renforcées.

  • Votre outil d'analyse vidéo des entretiens ? Idem. Supervision humaine obligatoire.

  • Votre algorithme de matching candidat-poste ? Pareil. Documentation complète exigée.

Et attention au piège mortel : si votre système détecte les émotions des candidats, c'est interdit depuis février dernier. La CNIL sanctionne déjà.

Beaucoup attendent le “Digital Omnibus”, qui repousse la conformité IA recrutement à fin 2027, pour se rassurer sur les délais.

Mais c’est une erreur stratégique.

Même si les calendriers bougent, les obligations de fond restent, et ceux qui anticipent prennent une avance concurrentielle énorme.

Il faut repenser entièrement la chaîne RH : qui valide quoi, comment on documente, comment on forme les recruteurs, comment on informe les candidats.

Pour sécuriser votre projet, j’ai rédigé un guide.

Répondez à ce sondage pour y accéder :

À retenir

  • La confidentialité n’est pas un argument marketing : c’est la base de la relation avocat-client.

  • EU-INC sera un tournant seulement si c’est vraiment simple et unique.

  • Le poids des prélèvements devient un sujet de compétitivité et de confiance.

  • DAC8 et l’AI Act sont des transformations opérationnelles.

Vous voulez un point rapide sur vos risques et vos leviers d’action ?
Obtenez une première feuille de route claire en 30 minutes.

À très vite,
Arnaud

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