Better Read ArnO
Bonjour à tous,
Entre le budget 2026 qui empile les taxes, le fantasme des “milliards de dollars” de Bernard Arnault et la fin programmée de l’opacité crypto avec DAC 8, le fil rouge est clair : l’État a besoin de liquidités à tout prix.
Au menu : “19 milliards” en une journée, deux actus qui pourraient vous inquiéter, et deux guides opérationnels.
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LE DEBUNK
On passe en revue les citations chocs de la semaine.
L’argent magique
Bernard Arnault a gagné 19 milliards de dollars en une journée.
Non, Bernard Arnault n’a pas “gagné” ce montant.
En réalité, il n’a rien encaissé.
Ce chiffre, c’est une variation de valorisation boursière de LVMH, pas un virement sur un compte personnel.
Et c’est là que naît le poison.
Quand on confond un prix de marché avec une richesse disponible.
Pire : ces chiffres inventés servent ensuite de justification à des taxes sur des plus-values latentes.
De “l’argent” qui, juridiquement et économiquement, n’existe pas encore.
La bourse monte, on taxe.
Mais si la bourse baisse ? On rembourse ?
Je n’ai aucun problème à valoriser l’effort collectif.
Mais il faut qu’il s’accompagne d’une stratégie de réduction des dépenses.
Sinon, ce n’est plus de la fiscalité : c’est de la magie.
Et cette magie pourrait conduire à un choc de confiance, puis un choc d’investissement.
Taxer l’imaginaire aura des conséquences bien réelles.
LES NEWS
L’essentiel de l’actualité juridique.
Le concours Lépine de la taxe
On ne sauvera pas ce pays avec des taxes supplémentaires et en l’écrasant par la fiscalité.
Le projet de loi de finances 2026 illustre un réflexe devenu automatique : taxer et retaxer les mêmes contribuables.
Quelques mesures phares…
CEHR “Fillon” ou surtaxe Sarkozy (Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus)
Une surtaxe qui s’ajoute à l’impôt sur le revenu, calculée sur le revenu fiscal de référence (RFR).
Sont visés les foyers au-dessus de 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple).
3 % sur la tranche de RFR au-dessus du 1er seuil, puis 4 % au-dessus du seuil supérieur (500 000 € à 1 000 000 € selon situation).
Un étage supplémentaire, qui revient mécaniquement dès que les revenus sont élevés (même si le patrimoine n’a pas bougé).
CDHR “Barnier” (Contribution différentielle sur les hauts revenus)
Si, après calcul, votre taux effectif (IR + CEHR) est jugé trop bas, on vous ajoute une contribution pour remonter à un plancher.
Le plancher ? Un objectif de 20 % d’imposition minimale sur une base de revenus définie par le dispositif.
Sont concernés uniquement les foyers dans le champ de la CEHR (déjà “hauts revenus”).
L’idée derrière ? Cibler les situations où le niveau d’impôt final paraît “anormalement faible” au regard des revenus (optimisations, mécaniques spécifiques, etc.).
Taxe “holding” (holdings patrimoniales / “cash-box”)
Une taxe annuelle visant les holdings patrimoniales quand une part significative de leurs actifs n’est pas affectée à une activité opérationnelle (ex. trésorerie, portefeuille).
Le texte prévoit un taux de 2 %.
L’objectif ? Éviter que la holding devienne un parking de trésorerie ou d’actifs financiers durablement “hors circuit” opérationnel.
On passe d’une logique “je paie quand je vends” à une logique “je paie chaque année”.
CSG “patrimoine” (hausse sur certains revenus du capital)
Une hausse ciblée de la CSG sur une partie des revenus du capital (logique de “deux vitesses” selon le type de revenu).
Combien ? +1,4 point : la CSG passe notamment de 9,2 % à 10,6 % sur des revenus financiers (ex. dividendes et plus-values sur les valeurs mobilières).
Donc les prélèvements sociaux sur ces revenus montent (et le prélèvement forfaitaire unique suit mécaniquement quand il s’applique).
Et sur des plus-values importantes, l’écart devient vite significatif.
Remplacement de l’IFI
Un amendement sénatorial qui propose de remplacer l'IFI par une "contribution des hauts patrimoines" avec un seuil relevé à 2,57 M€.
Au lieu de taxer surtout la pierre, on s’attaque potentiellement à une assiette plus large (placements, actifs divers).
Il deviendra plus difficile de “sortir du radar” en arbitrant entre immobilier et financier.
Surtaxe IS (impôt sur les sociétés)
Une contribution exceptionnelle qui vient se surajouter à l’IS pour les grandes entreprises (plus le groupe est grand, plus la surtaxe est forte).
Des taux additionnels élevés, avec des paliers évoqués à 5 % et 35,3 % dans la version amendée selon les seuils de taille ou de CA.
Pour un dirigeant, ça se traduit par un surcoût immédiat sur l’impôt, donc moins de marge pour investir, recruter, absorber les chocs.
Bref, à chaque exercice sa nouveauté “ciblée”, “temporaire”, “exceptionnelle”.
Mais, comme toujours, l’exception s’installe.
Sur le terrain, en tant qu’avocat d’entrepreneurs, je vois l’effet exact de cette mécanique.
La projection devient méfiance, l’investissement s’éteint, l’embauche gèle, la croissance stagne.
Pourtant, dans d’autres pays, on cherche de la lisibilité et de la stabilité pour attirer l’activité.
Ici, l’instabilité fiscale devient une méthode de gouvernement.
Sauf qu’un pays qui traite ses créateurs de valeur comme une base taxable captive finit par découvrir qu’ils ont une porte de sortie.
L’État renonce à réformer
Le contribuable français est définitivement la vache à lait d’un État en faillite.
Trois mois de débats pour un budget qui ne touche pas au cœur du problème : la dépense.
Ce que je retiens du texte :
Des dépenses en hausse de 10 milliards d'euros par rapport à 2025.
Aucune économie structurelle : pas de réforme de l’administration, ni de remise à plat des missions de l’État ou de rationalisation sérieuse des agences, opérateurs ou doublons.
Les “économies” annoncées sont marginales, temporaires ou purement comptables.
Aucun signal de maîtrise durable des dépenses. On sanctuarise la dépense publique comme si la dette n’existait pas.
Les aides restent dispersées et non ciblées.
Aucune baisse des prélèvements.
Ce budget n’est pas un compromis.
C’est un renoncement : renoncement à choisir, renoncement à dire la vérité sur les finances publiques, renoncement à réformer.
Et comme toujours, la variable d’ajustement annoncée ou implicite, ce sont les entrepreneurs, les indépendants, et les classes moyennes.
LES GUIDES
Chaque semaine, retrouvez nos derniers guides stratégiques.
DAC 8 : la fin de l’illusion fiscale en crypto

La crypto bascule dans un régime de transparence automatique comparable aux grandes vagues FATCA/CRS.
Et ce n’est plus une question de “si”, mais de “quand”.
DAC 8 ne crée pas une nouvelle taxe : elle organise la remontée automatisée de données (identité, comptes, transactions, volumes) et leur échange entre administrations.
L’impact est simple : ceux qui comptaient sur l’opacité technique ou l’extraterritorialité vont découvrir que la discussion n’est plus “probabiliste”.
À qui s’adresse ce guide ?
Investisseurs particuliers avec historique crypto significatif.
Entrepreneurs rémunérés en tokens et/ou exposés à la trésorerie crypto.
CGP et professionnels qui conseillent (ou veulent conseiller) leurs clients.
Ce que vous allez sécuriser :
Découvrez le calendrier et les points d’attention.
Comprenez vos idées reçues (“plateforme étrangère”, “crypto-crypto”, “je suis trop petit pour être vu”).
Mettez en place une stratégie d’anticipation pour reprendre la main avant que le calendrier ne vous tombe dessus.
Pour accéder au guide, répondez à ce sondage :
Quelle est votre situation crypto aujourd’hui ?
- J’ai un portefeuille perso, peu d’opérations
- J’ai un historique de transactions important (trading / DeFi / multiples plateformes)
- J’ai déjà déclaré, mais je veux vérifier la cohérence (risque de redressement)
- Je conseille des clients (CGP / pro) et je veux une méthode + points d’alerte
- Je suis entrepreneur et j’ai une exposition “corporate” (trésorerie, token, rémunération)
- Autre (précisez)
Club deals requalifiés en FIA : la fin des angles morts

Pourquoi ça change tout : l’AMF a rappelé une règle très simple : si une structure ressemble à un fonds, elle sera traitée comme un fonds.
Quelle que soit la forme juridique.
Dans la décision publiée le 9 septembre 2025, des SAS immobilières ont été requalifiées en FIA, avec une sanction montant jusqu’à 400 000 €.
Tout ça, parce qu’elles cochaient les trois critères :
Un objectif de rendement collectif.
Une politique d’investissement définie à l’avance.
Une levée de capitaux auprès de plusieurs investisseurs.
Beaucoup pensent encore que le risque n’est pas théorique.
Sauf qu’en réalité, ne pas être à jour peut entraîner une reprise à zéro, la nullité d’opérations, la responsabilité civile/pénale et des interdictions.
Un effet domino sur l’ensemble du montage.
Découvrez mon guide pour :
Auditer votre structure (avant la collecte, pas après).
Réduire le risque de requalification sans tuer l’opérationnel.
Cadrer votre communication et votre collecte (là où les ennuis commencent souvent).
Pour accéder au guide, répondez à ce sondage :
Où en êtes-vous dans vos club deals ?
À retenir
Taxer des plus-values latentes, c’est taxer un prix de marché, pas une richesse disponible.
Un budget qui augmente la dépense sans réforme annonce la suite : de nouveaux prélèvements.
Avec DAC 8, la question devient le calendrier, pas la probabilité.
Sur les club deals, la forme juridique ne protège pas : seuls les critères économiques comptent.
Si vous voulez éviter de découvrir ces sujets trop tard, je peux vous aider à sécuriser vos montages et cadrer vos risques.
À très vite,
Arnaud


