Better Read ArnO

Bonne année à tous !

Ce début de 2026 n’est pas épargné par l’actualité.

On a encore eu droit beaucoup de promesses, peu de trajectoires, et des décisions qui finissent par retomber sur les mêmes acteurs.

Au menu : fiscalité à bout de souffle, contradictions politiques, souveraineté numérique, et confidentialité.

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LE DEBUNK

On passe en revue les citations chocs de la semaine.

La réalité de notre système

On va améliorer les retraites en augmentant les cotisations.

La retraite par répartition, c’est mathématique : les actifs financent les retraités.

Sauf que quand la masse salariale ne suffit plus, il ne reste que trois leviers : taxer, couper, ou s’endetter.

Le reste, c’est du vent.

Et c’est sans parler du fait qu’on débat encore comme si ces cotisations étaient garanties jusqu’en 2040.

Or, l’IA est en train de déplacer la création de valeur, d’automatiser des tâches, et de recomposer des métiers créant une pression sur l’emploi, les salaires, et notre modèle.

Le débat public continue de traiter les retraites comme un sujet social isolé, alors qu’il devient un sujet technologique, productif et budgétaire.

Si on n’intègre pas l’IA dans l’équation, on va découvrir la contrainte par surprise.
Et là, ce ne sera plus un débat. Ce sera une facture.

Augmentons les prélèvements

Quand ça fait 50 ans que t’es en déficit budgétaire à quel moment tu te dis que la solution c’est d’augmenter les prélèvements ?

La question dérange parce qu’elle met le doigt sur le réflexe pavlovien de l’état.
Dès que le système flanche, on prélève.

Mais sur le terrain, je vois surtout :

  • Des investissements gelés parce que les règles changent trop vite.

  • Des embauches repoussées parce que le coût réel dépasse le salaire.

  • Des dirigeants qui passent leur énergie à sécuriser plutôt qu’à construire.

On se réfugie derrière “l’exception française”.
Mais parfois, l’exception, c’est juste l’ego.

À force de vouloir être “différents”, on va finir par être seuls.

Seuls avec nos déficits.
Seuls avec nos normes.
Seuls avec nos départs de talents.

Le vrai courage, ce n’est pas d’inventer une taxe, mais d’exiger des résultats sur la dépense.

La fiscalité à bout de souffle

67 % des gains du groupe sont absorbés par les impôts de production et sur les bénéfices. On frôle la confiscation.

Alexandre Bompard

La sortie d’Alexandre Bompard a fait du bruit parce qu’elle dit tout haut ce que beaucoup vivent tout bas.

L’enjeu central n’est pas seulement le niveau de l’imposition, mais l’instabilité permanente.

Entre un État accro à la dépense et des entrepreneurs à bout de souffle, le cri d'alarme du patron de Carrefour résonne comme un électrochoc salutaire.

Quand un pays change de règles sans cesse, il fabrique une économie défensive.
On épargne plus, on investit moins, on attend.

Pour l’entrepreneur, l’incertitude fiscale est une taxe invisible.
Elle coûte du temps, des embauches, des choix stratégiques.

LES NEWS

L’essentiel de l’actualité juridique.

Je n’ai pas conduit depuis 25 ans, comment je fais alors ?

À force de demander “encore un effort” sans reconnaissance, on ne réforme pas un pays : on abîme la confiance.

Depuis le 1er janvier, l’État met fin aux chauffeurs et protections policières à vie accordés à certains anciens responsables politiques.

Résultat ?

Des phrases comme « Je n’ai pas conduit depuis 25 ans, comment je fais alors ? »
On peut défendre la rigueur, et même l’effort collectif.

Mais il y a un seuil où la question n’est plus économique : elle devient morale et politique.

Les entrepreneurs ne vivent pas seulement une fiscalité élevée.

Ils ont l’impression d’un double standard dans un pays où l’on sermonne ceux qui prennent des risques.

Pire : ceux qui demandent plus d’efforts sont les mêmes qui souhaitent conserver des réflexes de confort institutionnel “par défaut”.

Dans une économie sous tension, le symbole compte.

L’absurde devient politique

Sanctionné si tu travailles, culpabilisé si tu refuses.

Amender un boulanger qui ouvre le 1er mai tout en expliquant qu’il faudrait travailler davantage.

Absurde ?

Oui, mais aussi le signe d’un pays qui ne traite plus les vrais sujets.
Exemples : compétitivité, coût du travail, faillites, énergie, complexité administrative.

Pendant ce temps, on dépasse les 67 000 liquidations judiciaires en 2024 et on risque de dépasser ce sinistre record en 2025.

Les défaillances explosent : +30 % pour les PME de plus de 50 salariés.

Les PGE étranglent les trésoreries.
Le prix de l’énergie affole les compteurs.
Les cotisations sociales crèvent le plafond.
Et vingt restaurants ferment chaque jour, dans l’indifférence générale.

On préfère en exiger toujours plus de ceux qui entreprennent, plutôt que de réduire la masse d’un État qui enfle depuis cinquante ans.

On punit l’effort, puis on reproche l’inertie.

Thierry Breton “blacklisté”

Ce n’est pas une polémique. C’est un test grandeur nature.

L’interdiction d’entrée visant Thierry Breton, annoncée par les États-Unis le 24 décembre 2025, est un signal de puissance.

Comment l’Europe aurait-elle pu contrebalancer le rapport de force ?
D’abord, en faisant valoir notre marché.

Un levier puissant, solvable, structurant, standardisateur.
On l’a vu avec le RGPD.

Surtout que les États-Unis ont un besoin structurel de nos consommateurs.
Sauf qu’avec l’IA, le décor change pour devenir une course de puissance.

Chaque contrainte, comme une régulation, devient un enjeu stratégique.

Et l’Europe régule beaucoup. Parfois trop. Parfois mal.
Malgré tout, l’AI Act n'est pas un caprice.

Parce que derrière, il y a des sujets non-négociables : les données, la cybersécurité, le droit d’auteur, la responsabilité.

Le vrai sujet n’est donc pas de réguler ou de ne pas réguler.

Le vrai sujet, c’est réguler sans naïveté. Protéger sérieusement, sans oublier que, dans une course de puissance, la règle devient un terrain de confrontation.

À retenir

  • Une réforme sans trajectoire chiffrée n’en est pas une.

  • Taxer plus dans un pays déjà instable, c’est fabriquer une économie défensive.

  • L’Europe peut imposer des standards, mais seulement si elle assume l’exécution.

Vous voulez un point rapide sur vos risques et vos leviers d’action ?

Je prends toujours 30 minutes pour comprendre votre enjeu et vous donner une première feuille de route.

À très vite,
Arnaud

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